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Circularity Gap Report 2024 : l’alarme environnementale

30 janvier 2024

Le Circularity Gap report, en français « Rapport sur l’écart de circularité », met en lumière la nécessité de restructurer nos modèles économiques. Ce document est le fruit de recherches entre le cabinet Deloitte et la Circle Economy Foundation. Il détaille les défis environnementaux auxquels nous sommes confrontés et propose des solutions pour trois catégories de pays : Shift, Grow et Build. Aussi, le rapport souligne l’importance d’une transition vers un modèle économique plus circulaire. Urbyn vous résume aujourd’hui les principaux faits du Circularity Gap report 2024.

Les trois catégories de pays

Pays en transition (Shift)

Cette catégorie contient les pays avec des hauts revenus tels que les Etats-Unis, le Japon, le Royaume-Unis, le Canada ou encore la France. Ces pays doivent réduire leur dépendance aux ressources naturelles non-renouvelables. Cela nécessitera l’investissement dans des technologies de recyclage avancées pour augmenter l’utilisation de matériaux secondaires.

Pays en construction (Build)

Ce sont des pays principalement en développement comme la Chine, l’Indonésie, le Brésil, le Mexique ou encore l’Egypte. Ils doivent à tout prix stabiliser la consommation des matériaux. Pour ce faire, ils ont l’opportunité de construire des infrastructures durables dès le départ et de changer leurs habitudes de consommations.

Pays en croissance (Grow)

Les pays en croissance ont une empreinte environnementale bien moins importante que les autres types de pays. Cependant, ils peinent à répondre aux besoins fondamentaux de santé et d’éducation. On peut nommer le Bangladesh, l’Éthiopie, le Nigeria ou encore le Pakistan. Ces pays représentent la moitié de la population mondiale.

Quels sont les chiffres alarmants du Circularity Gap report ?

Dépassement de six limites planétaires

Le Circularity Gap Report de 2024 alarme sur plusieurs facteurs trop importants pour être rapidement oubliés. Au cours des dernières années, la tendance mondiale en matière de circularité des matériaux a connu une baisse préoccupante. La proportion de matériaux secondaires (matériaux non-métalliques et métaux), a chuté de 9,1 % en 2018 à seulement 7,2 % en 2023. Cette diminution signale un recul dans l’effort global de réutilisation et de recyclage des ressources. Par ailleurs, cette période a été marquée par une consommation massive de ressources, avec plus d’un demi-trillion de tonnes de matériaux utilisés en l’espace de six ans. On apprend alors que cette quantité représente 28 % de l’ensemble des matériaux consommés par l’humanité depuis le début du 20ème siècle.

Cette consommation excessive est principalement attribuable à quatre systèmes mondiaux : l’alimentation, l’environnement bâti, les biens manufacturés et la mobilité. Ces systèmes exercent une pression immense sur les systèmes terrestres vitaux, conduisant au dépassement de six des neuf limites planétaires que voici :

  • le réchauffement planétaire
  • intégrité de la biosphère
  • les cycles biochimiques de l’azote et du phosphore
  • modification de l’usage des sols 
  • pollution chimique 
  • l’eau douce
  • La couche d’ozone
  • l’acidification des océans
  • Concentration en aérosols atmosphériques

L’impact environnemental des pays riches

L’impact de l’exploitation des matériaux sur l’environnement et le climat est considérable. La manipulation et l’utilisation des matériaux sont à l’origine de 70 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Les pays à hauts revenus jouent alors un rôle disproportionné dans cette crise environnementale. Ils contribuent à 50 % du changement climatique et sont responsables de 62 % des émissions d’azote, 60 % des émissions de phosphore, ainsi que de 53 % de l’utilisation globale de l’eau douce et 42 % des modifications d’utilisation des terres.

Le secteur de la construction, comprenant la construction, l’utilisation et la démolition des bâtiments, est également un contributeur majeur. Il représente environ 40 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Les processus de construction et de démolition comptent pour près d’un tiers de la consommation totale de matériaux. L’extraction et l’utilisation des matériaux exercent quant à eux plus de 90 % de la perte de biodiversité et du stress hydrique. Aussi, le système alimentaire mondial est en cause puisqu’il est à l’origine d’un quart des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Nous avons donc un besoin urgent de réforme pour un avenir plus durable.

Les solutions proposées

Équilibrer les politiques des pays

Le but serait d’encourager des pratiques durables et circulaires, en pénalisant les activités des pays nuisibles pour l’environnement. La création d’un cadre politique équilibré est essentielle pour orienter les industries et les nations vers des pratiques durables et circulaires. Pour exemple, les gouvernements pourraient proposer des allégements fiscaux, des subventions ou des aides pour les entreprises adoptant les principes de l’économie circulaire. Parallèlement, on pourrait voir des mesures telles que des taxes plus élevées sur la pollution ou des amendes pour la production excessive de déchets. On peut d’ores et déjà retrouver certains de ces aspects en France. Alors, il est impératif d’adopter ce type de politique à l’international.

Optimiser le secteur de la construction

L’idée serait de réduire l’utilisation des matériaux dans la construction, les bâtiments et les routes. Il faut privilégier les matériaux secondaires et le réemploi dès que c’est possible. Un mix entre recyclage, réutilisation et collecte des déchets sera nécessaire pour permettre au secteur le plus pollueur au monde de réduire son impact sur l’environnement.

Développer les symbioses industrielles

Le principe d’une symbiose industrielle est de regrouper de multiples entreprises au sein d’une zone industrielle. Ceci dans le but d’optimiser les flux de matières et d’énergies. Une symbiose industrielle vise donc à réduire les pertes de matériaux en maximisant l’utilisation des ressources. Autrement dit, le déchet de l’un devient la ressource de l’autre. Ce procédé permet entre autres de réduire la consommation des matières premières, de réduire les émissions de CO2 en évitant l’enfouissement ou l’incinération des déchets, de profiter de matières premières 2 à 3 fois moins chères ou encore de développer l’attractivité d’une zone grâce à la création de nouveaux emplois. Alors, comme préconisé par le Circularity Gap report de 2024, la symbiose industrielle peut être bénéfique sur tous les points. Aussi bien au niveau économique que social et environnemental.

Promouvoir la réparabilité

La réparation des produits est impérative. Chaque année, on compte environ 50 millions de tonnes de déchets électroniques dans le monde. Par exemple, il y a en moyenne 60 matériaux rares dans un nouveau smartphone. La réparation des produits est donc un aspect crucial pour réduire l’utilisation excessive de nos ressources. De même, la réparation permet de réduire l’empreinte carbone d’un produit de 25 % à 50 % selon son origine. Le Circularity Gap report prend ainsi l’exemple de la Suède qui possède une TVA allégée sur les services de réparations ou de la France qui a introduit un bonus réparation pour de nombreux appareils électroniques. L’objectif serait de déployer des aides de ce type dans le monde entier pour promouvoir les impacts de la réparabilité à grande échelle.

Impact des produits alimentaires

Tous les pays n’ont pas un accès égal aux produits alimentaires. Aussi, l’idée serait d‘imposer des taxes sur les produits à forts impacts environnementauxtels que la viande rouge, les produits laitiers ou encore les aliments transformés. Ces produits entraînent une consommation importante des ressources naturelles et engendrent des émissions élevées de CO2. De plus, l’objectif serait donc de rendre accessible un étiquetage environnemental à l’échelle internationale, en prenant l’exemple de la France et du nutri-score. Cela permettrait ainsi de faire des choix plus respectueux pour les consommateurs. Par la même occasion, on réduirait les ventes des produits les plus nocifs.

Le Circularity Gap report de 2024 met donc en évidence la nécessité urgente de réformer nos modèles économiques. Il souligne alors l’importance pour les trois catégories de pays de repenser leur utilisation des ressources naturelles et de tendre vers une économie plus circulaire.

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Sources :