Économie circulaire : 4 tendances à suivre en 2026 et 3 défis clés (analyse SBF 120)

19 janvier 2026

L’économie circulaire s’impose de plus en plus comme un cadre stratégique pour les directions RSE : réduire la dépendance aux ressources, limiter les déchets, préserver la valeur des matières et mieux maîtriser les risques d’approvisionnement.

L’enjeu dépasse largement le “recyclage”. Sur le plan climatique, la Fondation Ellen MacArthur rappelle que la transition énergétique est indispensable, mais qu’une part importante des émissions reste liée à la façon dont on produit et consomme (produits, matériaux, alimentation). Elle chiffre à 45 % la part des émissions mondiales associée à ces dimensions, ce qui rend la circularité incontournable dans une trajectoire net zéro.  

Quatre tendances de la circularité à suivre en 2026

À partir de notre analyse des rapports publiés par les entreprises du SBF 120 (Panorama de l’économie circulaire 2025), on identifie quatre dynamiques qui structurent le passage d’un modèle linéaire vers un modèle plus circulaire. Ce sont aussi, les sujets qui vont continuer à se renforcer en 2026.

1) Optimiser les ressources sortantes : valoriser mieux, enfouir moins

Dans les rapports analysés, la valorisation des déchets et la baisse de la mise en décharge restent l’axe le plus “mature” : amélioration du tri, pilotage multi-sites, sécurisation des filières, indicateurs de valorisation, trajectoires “zéro enfouissement” quand c’est possible.

Cette priorité s’inscrit dans une trajectoire française qui vise à réduire durablement le recours au stockage. En 2026, le signal économique se renforce : la TGAP déchets est indexée sur l’inflation, ce qui maintient la pression dans le temps.

À plus long terme, le Code de l’environnement fixe un cap : en 2035, les déchets ménagers et assimilés admis en installation de stockage doivent être ramenés à 10 % des quantités produites.

2) Maîtriser les ressources entrantes : l’éco-conception devient un sujet “système”

L’éco-conception n’est plus un chantier R&D isolé : elle se connecte davantage aux achats, à l’industrialisation, au packaging, à la durabilité produit, et à l’Analyse du Cycle de Vie (ACV). C’est l’un des marqueurs de maturité dans les grands groupes : la circularité se joue de plus en plus en amont, là où se décident les impacts futurs.

Cette approche est aussi renforcée par les exigences de reporting : la norme ESRS E5 demande de relier politiques, actions, objectifs et indicateurs aux flux entrants et aux flux sortants, dont les déchets.

3) Mobiliser l’écosystème : filières, territoires, co-construction

Un apprentissage clé de l’étude : la circularité progresse rarement “en silo”. Les rapports mettent plus souvent en avant la coopération avec les filières, les éco-organismes, des acteurs du réemploi, de l’ESS, ou des partenaires territoriaux pour sécuriser débouchés, traçabilité et massification.

4) Transformer la chaîne de valeur : achats responsables, exigences fournisseurs, nouvelles règles du jeu

Les politiques d’achats responsables prennent de l’épaisseur : clauses ESG, exigences de traçabilité, critères matière, audits fournisseurs. Les entreprises structurent davantage la circularité comme une condition d’accès au marché (ou au référencement), pas seulement comme une démarche RSE.

Trois défis clés en 2026 : réglementation, données, contraintes opérationnelles

1) Reporting et données : passer du déclaratif à la preuve

Même avec les ajustements d’échéances, la trajectoire de fond reste la même : une demande croissante de données comparables, traçables, auditables, y compris sur des chaînes de valeur complexes. 

Sur le terrain, le défi n’est pas seulement “collecter des chiffres” : c’est construire un dispositif robuste (gouvernance, méthodes, contrôles, documentation). Le guide IFACI/PwC sur le contrôle interne du reporting de durabilité insiste notamment sur l’extension du rôle de supervision (comité d’audit / gouvernance) et sur la nécessité de sécuriser le processus et le contrôle interne.

2) Contraintes techniques et conformité : tous les usages ne se prêtent pas (encore) au recyclé

Parmi les freins à l’économie circulaire, certains sont très sectoriels. Dans la santé, les exigences de sécurité et de qualité limitent les substitutions rapides de matériaux : sur les emballages primaires des médicaments, les attentes de qualification (dont tests d’extraction / migration selon les cas) rendent l’intégration de matières recyclées plus complexe.

Et côté dispositifs médicaux, le règlement (UE) 2017/745 impose des exigences de sécurité/performance et de gestion des risques qui ralentissent mécaniquement tout changement matière.

3) Filières et approvisionnement : massifier sans dégrader la qualité

Même quand la volonté existe, la disponibilité de matières secondaires (volume, qualité, constance, traçabilité) et la capacité industrielle des filières conditionnent la vitesse de déploiement.

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L’économie circulaire ressemble à une horloge de précision : il ne suffit pas que chaque “rouage” avance seul. La performance dépend de l’ajustement de l’ensemble : filières, données, standards, exigences marché et cadre réglementaire.

Ce que montre notre Panorama de l’économie circulaire 2025 (SBF 120), c’est une diffusion massive du sujet dans les rapports, une montée en puissance de la réparation et de l’éco-conception, et un retard persistant sur les modèles de fonctionnalité. 

Pour accéder à la méthodologie et aux enseignements détaillés, téléchargez l’analyse complète :